Plus de 70 chefs d’Etats se sont retrouvés samedi 11 novembre dans l’après-midi dans l’Est parisien pour participer au Forum de la paix, deuxième temps fort de cette journée de commémorations de la Grande Guerre, après la cérémonie à l’arc de Triomphe.

A la grande halle de la Villette, aux côtés de représentants de la société civile, ils ont débattu de la gouvernance mondiale et affiché leur attachement au multilatéralisme, socle idéologique des relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Mise en garde contre le nationalisme

Devant une assistance globalement acquise, Emmanuel Macron, Angela Merkel et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ont plaidé pour le multilatéralisme et la coopération, qui apportent la paix et le progrès, ont-ils fait valoir. Ils sont également mis en garde les peuples et leurs dirigeants contre le nationalisme et l’unilatéralisme, pourvoyeurs selon eux de guerre et de malheur.

« Bien des éléments aujourd’hui me semblent emprunter et au début du XXe siècle, et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible », a jugé Antonio Guterres.

Angela Merkel a également exprimé son « inquiétude d’être de nouveau face à un nationalisme à œillères, qu’on recommence à agir comme si on pouvait purement et simplement ignorer nos engagements réciproques ». « Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question », a ajouté la chancelière allemande.

« Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l’antisémitisme, l’extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent », a prévenu M. Macron. Le président français n’a eu de cesse depuis son accession au pouvoir de défendre un « multilatéralisme fort » et d’appeler au respect des enceintes internationales face aux prises de position unilatérales de Donald Trump dans différents dossiers.

Devant le Congrès américain au printemps dernier, le chef de l’Etat français n’avait pas mâché ses mots contre les décisions du locataire de la Maison blanche qui a annoncé successivement son retrait de l’accord sur le climat, l’accord sur le programme nucléaire iranien et qui s’en est pris à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Dans la matinée de dimanche, Emmanuel Macron a donc profité de son discours sous l’arc de Triomphe pour dénoncer un nationalisme, qui selon lui, est une trahison, « à la différence du patriotisme ».

Trump absent

Le président américain était le grand absent de ce forum pour la paix. A la place, il s’est rendu au cimetière américain de Suresnes (Hauts-de-Seine), pour rendre hommage aux « courageux Américains qui ont donné leur dernier souffle », avant de regagner l’aéroport.

Cette cérémonie intervient au lendemain d’un rendez-vous manqué à Bois Belleau, haut lieu de la mémoire militaire américaine pendant la Première Guerre mondiale. Le déplacement du président américain à ce mémorial avait été annulé à cause de la météo empêchant l’hélicoptère présidentiel de voler, suscitant de vives critiques aux Etats-Unis.