Au Soudan, l’armée suspend les discussions sur la transition politique

Des barricades et des points de contrôle bloqués par les manifestants devant le siège de l'armée soudanaise dans la capitale Khartoum, le 14 mai 2019.
Des barricades et des points de contrôle bloqués par les manifestants devant le siège de l’armée soudanaise dans la capitale Khartoum, le 14 mai 2019. Mohamed el-Shahed, AFP

Après un accord conclu entre l’armée et les contestataires au Soudan, le Conseil militaire au pouvoir a annoncé mercredi suspendre le dialogue pendant 72 heures, jusqu’au démantèlement des nouveaux barrages routiers érigés à Khartoum.

Les généraux perdent patience. Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a suspendu, dans la soirée de mercredi 15 mai, les discussions sur la transition politique jusqu’au démantèlement des barrages routiers érigés par les manifestants hors du lieu du principal sit-in à Khartoum.

« Nous avons décidé de suspendre les discussions pendant 72 heures pour préparer le terrain » à la conclusion d’un accord sur la transition, a déclaré le général Abdel Fattah al-Burhane dans un discours à la nation retransmis par la télévision publique. Il a souhaité pendant la période de 72 heures une levée des barricades à Khartoum, la réouverture d’une ligne de chemin de fer reliant la capitale au reste du pays qui a été fermée, selon lui, par les manifestants et la fin des provocations des manifestants à l’égard des forces de l’ordre.

Des derniers points à négocier

Le chef du Conseil militaire a justifié la suspension des discussions par la dégradation de la situation de la sécurité à Khartoum. Cette dégradation a pris la forme, selon lui, d' »une escalade verbale » contre les forces armées, de la fermeture de ponts et de rues, d’une ligne de chemin de fer, du désordre dans la capitale et de l' »infiltration parmi les manifestants d’éléments armés responsables de tirs contre les forces de l’ordre ».

Le général Burhane a défendu, dans son adresse, les unités controversées de la Force de soutien rapide (RSF) accusées d’interventions musclées contre les manifestants qui ont fait huit blessés mercredi et six tués – cinq civils et un militaire – lundi soir. « La RSF a joué un rôle de premier plan en temps de guerre et de paix et a pris la défense du peuple et contribué au succès de sa révolution », a-t-il affirmé.

Le Conseil et l’ALC étaient supposés négocier mercredi soir les derniers points d’un accord sur les institutions de la période de transition, à savoir la composition d’un Conseil souverain. Cet organisme, un cabinet et une assemblée législative devaient préparer le pays, sur une période de transition de trois ans, à un transfert du pouvoir aux civils.

Avec AFP

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