Sommet de l’ONU pour le climat : ce qu’ont déclaré les chefs d’État africains

Sommet de l’ONU pour le climat : ce qu’ont déclaré les chefs d’État africains

Les dirigeants de la planète se sont réunis lundi au siège de l’ONU à New York pour participer à un sommet consacré à l’urgence climatique. L’occasion pour les chefs d’État africains de rappeler l’importance de l’impact du réchauffement climatique sur le continent et de demander des mesures plus concrètes de la part de la communauté internationale.

Les cinq dernières années devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU qui estime que les efforts des pays doivent être multipliés par cinq pour s’en tenir à +1,5°C d’ici 2100.

Pour faire face à l’urgence climatique, une soixantaine de chefs d’État ont pris la parole lors d’un sommet inédit consacré au climat, en amont de l’Assemblée générale des Nations unies, pour annoncer des engagements renforcés. Parmi eux, plusieurs dirigeants africains ont plaidé pour des actions accélérées dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris de 2015 et appelé à des financements accrus. Tour d’horizon des grandes déclarations de sept présidents du continent.

• Idriss Déby Itno : la question de la résilience

Le président tchadien a rappelé les initiatives et mesures prises par son pays dans plusieurs secteurs comme l’énergie, l’agriculture, la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Idriss Déby a également lancé un appel aux pays développés à soutenir les efforts déployés par les pays africains face au changement climatique dont il les tient pour responsables. « L’Afrique en général, et le Tchad en particulier, ne contribuant presque pas ou très faiblement aux émissions [de gaz à effets de serre], je voudrais souligner l’intérêt que nous portons à la question de la résilience », a-t-il déclaré.

• Félix Tshisekedi : préserver la biodiversité

« La nature offre des solutions très efficaces, durables et le plus souvent peu coûteuses à long terme », a pour sa part lancé le président de la République démocratique du Congo (RDC) depuis la tribune des Nations unies, en prenant l’engagement d’accroître  « significativement les aires protégées, y compris certains cours d’eau, sur l’ensemble du territoire afin de renforcer la préservation de la biodiversité ». « Sans être exhaustif et à titre illustratif, la RDC s’est engagée à stabiliser son couvert forestier à 63% du territoire et à réduire de 17% ses émissions de 2020 à 2030 », a martelé  Tshisekedi.

• Lalla Hasnaa : réduire les émissions de 42%

C’est la princesse Lalla Hasnaa qui a représenté le Maroc lors du sommet sur le climat de l’ONU. Lors de la cérémonie d’ouverture, elle a lu un discours du roi Mohammed VI dans laquelle il a répondu par l’affirmative que la dégradation de l’environnement est un fait avéré. « Il constitue une menace que nous nous devons d’affronter conjointement. Le Royaume du Maroc, pays faiblement émetteur de gaz à effet de serre, s’est engagé à réduire ses émissions de 42% d’ici 2030. Mieux encore, il a d’ores et déjà lancé un processus inclusif et exhaustif pour pouvoir dépasser ce seuil ».

• Muhammadu Buhari : diversifier les sources d’énergie

« Dans le secteur de l’énergie, le Nigeria est actuellement en train de diversifier ses sources d’énergie, pour accomplir la transition depuis un système énergétique basé sur le pétrole, vers des énergies basées sur l’eau, le soleil, le vent, la biomasse et le nucléaire, a déclaré le président nigérian Muhammadu Buhari. Le Nigeria est plus particulièrement engagé pour parvenir à 30% d’énergies propres ou renouvelables d’ici 2030. Ceci dans la perspective de réduire nos émissions de dioxine de carbone de 179 millions de tonnes par an d’ici 2030 ». Il a clôturé en paraphrasant le Secrétaire général de l’ONU en affirmant que « le monde se trouve au bord de calamités catastrophiques ».

• Ismaël Omar Guelleh : faire face aux sécheresses et inondations

« Mon pays est particulièrement exposé à de nombreux aléas climatiques, les plus fréquents et les plus destructeurs étant les sécheresses et les inondations », s’est alarmé le président de la République de Djibouti, pointant du doigt une pluviométrie rare qui impacte « négativement les activités agricoles des populations rurales et la disponibilité des ressources en eau dans l’ensemble du territoire ». « Djibouti doit se préparer à d’autres aléas climatiques dans le moyen et le long terme comme les cyclones et la montée du niveau marin, dont les projections à l’horizon 2100 montrent l’inondation d’une partie importante de notre capitale. Ces événements climatiques sont pour la plupart inhabituels et risquent de se multiplier et de s’intensifier à l’avenir », a-t-il relevé.

• Roch Marc Christian Kaboré : urgence pour le Sahel

De son côté, le président burkinabè a demandé à la communauté internationale de faire en sorte que  « le sommet débouche sur des engagements concrets en vue d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris ». « Les changements climatiques constituent une grave menace, et leurs conséquences s’avèrent déjà désastreuses sur la vie de nos communautés. Les pays du Sahel subissent de plein fouet les conséquences des changements climatiques sans en être responsables », a souligné Roch Marc Christian Kaboré.

• Julius Maada Bio : « la menace est réelle »

Le chef de l’État du Sierra Leone, très inquiet pour l’avenir de son pays, a averti que « les  pays les moins développés sont non seulement les plus menacés par le dérèglement du climat, mais aussi les moins à même de faire face, seuls, à la menace ». « Je rends hommage au Secrétaire général de l’ONU d’avoir convoqué ce sommet très important. Parce que l’impact du changement climatique est déjà durement éprouvé dans tous nos pays, et spécialement dans les nôtres, les pays en développement. Le Sierra Leone, par exemple, a été classé parmi les trois pays les plus menacés par les effets du changement climatique.  La menace est réelle et présente. Et elle pourrait être un obstacle aux efforts pour atteindre les objectifs de développement durable, si une action urgente n’était pas engagée pour appliquer intégralement l’Accord de Paris, qui est la feuille de route sur laquelle nous nous sommes tous engagés. »

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