Ce qui se passe en République de Guinée est inquiétant

Ce qui se passe en République de Guinée est inquiétant à plusieurs niveaux: social, sécuritaire et économique. Nous, ouest-africains, ne devons pas être insensibles. Pour ma part, j’alerte depuis deux ans.
Voici une situation qui mérite mobilisation, actions et réactions de la part des peuples, de la société civile, bref de tout le monde. Un trouble dans ce pays va fortement affecter les pays riverains.
Je rappelle qu’en partie, la crise en Côte d’ivoire a sensiblement contribué à renchérir les prix du loyer à Dakar. Plus récemment, le départ mouvementé de Yahya Jammeh a obligé des centaines de milliers de populations civiles à traverser les frontières pour se sauver en territoire sénégalais. Dans le Saloum, dans le Ndoukoumane comme en Casamance, les accueillir, nourrir et loger a été difficile pour les populations hôtes et les Maires. On n’a pas besoin que cette situation se renouvelle.
Dans les années 2000, le Sénégal en première ligne, puis la Cedeo aujourd’hui, ont aidé la Guinée Bissau à sortir d’une crise qui menaçait toute la zone pendant que le conflit faisait rage en Casamance. Le Sénégal a beaucoup aidé ce pays à se doter d’institutions républicaines, former ses élites, rédiger une Constitution, etc… C’est la sous région qui a gagné avec une sortie de crise qui a contribué à fragiliser le Mfdc qui perdra une de ses bases de retraite.
Avec la République de Guinée, la situation est tout autre. Le pays est déchiré entre une élite hypocrite qui a fini d’hypothéquer l’avenir du peuple et des forces de défense et de sécurité plus délinquantes que les bandits dans la rue. Les ethnies se regardent en chiens de faïence. Aider ce pays à se réconcilier avec lui-même est une urgence. Ça prendra du temps mais c’est possible. Ça va être difficile mais c’est accessible.
Il y a certes des instances sous régionales et africaines habilitées à se mobiliser et prendre une position claire mais les peuples doivent dire non à cette forfaiture.
La Cedeao et l’UA n’ont pas droit au silence. Elles doivent prendre leur responsabilité et position historique face à ces violations des droits des peuples.

Mamadou Laminé BA / Facebook

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