Au Mali, une « attaque terroriste » contre l’armée fait plus de 50 morts

Au Mali, une « attaque terroriste » contre l’armée fait plus de 50 morts
Des soldats de l'armée malienne dans les rues de Gao, le 24 juillet 2019.
Des soldats de l’armée malienne dans les rues de Gao, le 24 juillet 2019. Souleymane Ag Anara, AFP

Au moins 53 soldats maliens et un civil ont été tués, vendredi, lors d’une « attaque terroriste » contre une base militaire près de la frontière avec le Niger, a annoncé l’armée malienne.

Au Mali, l’armée a été de nouveau la cible d’une attaque. Vendredi 1er novembre, un poste militaire a été visé à Indelimane, dans la région de Ménaka, dans le nord-est, provoquant la mort de 53 soldats et d’un civil. Il s’agit d’une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années.

Le gouvernement malien a condamné cet assaut, le qualifiant d' »attaque terroriste ». Pour l’heure, elle n’a pas encore été revendiquée.

Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a mentionné, samedi, sur Twitter la présence de « dix rescapés » et des « dégâts matériels importants ». Des soldats étaient également portés disparus vendredi, a indiqué à l’AFP une source militaire. Le bilan pourrait donc s’alourdir.

Des renforts pour traquer les assaillants

« La situation est sous contrôle. Le ratissage et le processus d’identification des corps se poursuivent », a ajouté le ministre Sangaré. « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a déclaré le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers.

« Comme lors de précédentes attaques contre l’armée malienne, les assaillants ont emportés des munitions qui pourraient leur permettre de planifier de nouvelles attaques » a précisé Christelle Pire, la correspondante de France 24 à Bamako.

Des soldats maliens pénalisés par un manque de soutien aérien

« Les soldats maliens sont souvent surpris dans ce genre d’assaut et ils n’ont pratiquement pas de soutien aérien, ce qui les pénalise en cas d’attaque dans des lieux isolés », explique-t-elle. La correspondante de France 24 ajoute que l’armée malienne manque aussi parfois d’équipement et de munitions. « Au Mali la mauvaise gouvernance et la corruption gangrène toute la société y compris l’armée », indique-t-elle.

Cette attaque survient un mois après la mort de 40 soldats dans deux attaques jihadistes, près du Burkina Faso, pays situé au sud du Mali, selon un bilan d’un responsable du ministère de la Défense. Plusieurs sources estiment que ce bilan officiel de 40 morts a été sous-évalué, selon l’AFP.

Le nord du Mali était tombé entre mars  et avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

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