Une cérémonie nationale est prévue en début de semaine prochaine, et l’exécutif appelle au « recueillement ». Mais la réflexion sur d’éventuelles stratégies alternatives dans la région est déjà en cours.

Un soldat français monte la garde devant un hélicoptère militaire NH90 Caiman lors de l’opération « Barkhane » à Ndaki, au Mali, le 29 juillet. BENOIT TESSIER / REUTERS

Treize noms seront d’ici peu ajoutés sur le marbre du mémorial des soldats morts pour la France en opérations extérieures, tout juste inauguré par le président de la République le 11-Novembre : ceux des six officiers, des six sous-officiers, et de l’opérateur de la Légion étrangère qui ont péri ensemble, dans la collision de deux hélicoptères, au cours d’une opération de combat au Mali, lundi 25 novembre.

« Treize héros morts pour la France », a déclaré mardi la ministre des armées Florence Parly, qui devait se rendre aussitôt à Gao sur la base française de l’opération « Barkhane », avec les chefs d’état-major. L’Elysée prépare une cérémonie d’hommage national aux Invalides, qui devrait avoir lieu lundi 2 décembre. « Je sais que la nation tout entière sera soudée » à cette occasion, a ajouté Mme Parly. Les corps des soldats seront ensuite emmenés dans leurs régiments respectifs pour l’adieu de leurs camarades.

Les treize militaires sont morts lors d’une opération d’envergure, lancée depuis le 22 novembre dans la vallée d’Eranga située au sud d’Indelimane, dans le Liptako, région du centre-est du Mali où sévit l’organisation Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

Selon l’état-major des armées, des groupements commandos parachutistes étaient lundi vers 17 heures « au contact » d’un groupe de djihadistes (« un pick-up et plusieurs motos ») sur le terrain, quand, à la nuit tombée, ils ont dû appeler un soutien aérien pour franchir un oued. Deux Mirage 2000 et trois hélicoptères sont arrivés. L’un d’eux emportait une équipe d’extraction, les deux autres filaient à la poursuite des djihadistes.

Une opération « par nuit noire, dans des conditions de combat »

A 18 h 40, les soldats ont entendu deux des hélicoptères exploser après s’être heurtés, ce que l’équipage du troisième appareil a rapidement confirmé. « Les pilotes envoyés en opérations sont formés, expérimentés, a affirmé mardi le général François Lecointre. Il s’agit d’une opération difficile, par nuit noire, dans des conditions de combat. Ce n’est pas simplement une collision [mais] un accident qui se passe lors d’une opération de combat de reconnaissance, avec des hélicoptères qui manœuvrent pour détecter l’ennemi au sol. »

Tandis que les armées entourent les familles des tués, l’heure doit selon l’Elysée être à la « sobriété » dans l’expression présidentielle. Mais l’événement est, à ce jour, le plus meurtrier du quinquennat pour le chef des armées Emmanuel Macron. Le moment du recueillement fraternel passé, il sera considéré par les militaires comme une illustration de sa capacité à assumer le prix du sang au profit de la cause défendue : la lutte contre les groupes terroristes djihadistes, qualifiée par sa ministre mardi de combat « sans répit ».

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