Coronavirus en France : dernière ligne droite avant le déconfinement

Prolongation de l’état d’urgence sanitaire, dispositif dans les transports, classement en zones rouge ou verte… le point sur l’épidémie en France, alors que le pays s’apprête à sortir de deux mois de confinement.

Sur les bords du canal de l’Ourcq, à Paris, le 8 mai, au 53e jour du confinement.
Sur les bords du canal de l’Ourcq, à Paris, le 8 mai, au 53e jour du confinement. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La France est entrée, samedi 9 mai, dans son avant-dernier jour de confinement. A compter de lundi, l’ensemble du territoire national, à l’exception de Mayotte, connaîtra un déconfinement très progressif.

Ces deux mois de confinement, mesure inédite et globalement respectée, ont permis une nette décrue de l’épidémie de Covid-19, selon les autorités, qui redoutent toutefois une deuxième vague et multiplient les rappels au respect des gestes barrières.

Selon le dernier bilan officiel communiqué vendredi soir, 26 230 personnes ont succombé au Covid-19 depuis le 1er mars, c’est-à-dire 243 de plus sur les dernières vingt-quatre heures, dont 9 733 dans les établissements médico-sociaux et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) (+ 132). La pression sur les services de réanimation continue de s’alléger, avec 93 patients atteints de la maladie de Covid-19 en moins ; on compte toujours 2 868 cas graves.

Les chiffresdes dernières 24 heures

Décès à l’hôpital 111

– 38 par rapport à la veille

Décès en EHPAD et EMS

(signalés par les établissements) 132

+ 103 par rapport à la veille

Nouveaux patients admis en réanimation

(en état grave) 89

– 10 par rapport à la veille

Nouveaux patients guéris

(sortis de l’hôpital) 755

– 300 par rapport à la veille

  • Feu vert de l’Assemblée à la prolongation de l’état d’urgence

Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet et qui intègre des mesures liées au déconfinement progressif à partir de lundi.

Les députés ont adopté le texte à main levée, avec l’appui des élus de La République en marche (LRM), du Mouvement démocrate (MoDem) et de la majorité des UDI, Agir et indépendants. Les députés Les Républicains (LR) ont voté contre, comme ceux du Parti socialiste (PS), au nom des « libertés individuelles ». Les élus de La France insoumise (LFI), du Parti communiste français (PCF) et du groupe Libertés et territoires se partageant essentiellement entre votes contre et abstentions.

Députés et sénateurs doivent tenter samedi, en commission mixte paritaire, de se mettre d’accord sur une version de compromis du projet de loi, en vue d’une adoption définitive d’ici à dimanche soir.

  • Cinq territoires classés en rouge, prudence nécessaire partout

Le statut épidémique des départements
Calculé d’après la part des suspicions Covid-19 aux urgences & la tension en réanimation. Données mises à jour le 8 mai.

Compte tenu de la circulation du virus et du risque de saturation des hôpitaux, quatre régions métropolitaines (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté) sont classées en rouge sur la carte établie par le ministère de la santé, ainsi que Mayotte, où le déconfinement est renvoyé au-delà du 11 mai et où le gouvernement va envoyer des moyens supplémentaires. Cela maintient 32 départements et près de 27 millions d’habitants dans un régime encore très contrôlé.

Dans tout le reste du pays, en vert sur la carte, « il faut se garder de penser que tout est réglé, qu’il n’y a plus besoin de se laver les mains, qu’on peut s’embrasser », a mis en garde vendredi sur Franceinfo la virologue Marie-Paule Kieny, membre du Comité analyse, recherche et expertise chargé de conseiller le gouvernement. Pour éviter une nouvelle flambée de l’épidémie, « il faut absolument » que les gens « passent d’un confinement chez soi à un confinement sur soi, penser que soi-même on doit se protéger, on doit protéger les autres », a insisté cette ancienne sous-directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé.

« Il faut qu’on retrouve de l’oxygène pour, dans l’hypothèse où une deuxième vague arriverait, être prêt. On a trois à quatre semaines devant nous, il faut les mettre à profit pour libérer, voire créer, des lits de réanimation », a déclaré de son côté sur TF1 Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou.

  • En Ile-de-France, « il faut serrer les dents trois semaines de plus »

Une signalétique a été apposée au sol, invitant les passagers à la distanciation sociale nécessaire, sur les quais de la ligne 1 du métro (ici à la station Gare-de-Lyon). Paris, 6 mai 2020.
Une signalétique a été apposée au sol, invitant les passagers à la distanciation sociale nécessaire, sur les quais de la ligne 1 du métro (ici à la station Gare-de-Lyon). Paris, 6 mai 2020. AGNÈS DHERBEYS / MYOP POUR « LE MONDE »

Tout en desserrant l’étau, le gouvernement maintient ou instaure de nombreuses obligations, parmi lesquelles le port du masque dans les transports en commun sous peine d’une amende de 135 euros. A partir de lundi, l’Etat mettra « 10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu’ils les distribuent à leurs usagers », dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, selon le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

La situation s’annonce particulièrement délicate dans cette région où le respect des règles de distanciation dans les transports publics va en réduire drastiquement la capacité. Une soixantaine de stations du métro parisien sur 302 resteront fermées et une attestation de l’employeur sera requise pour circuler aux heures de pointe (de 6 h 30 à 9 h 30 et de 16 heures à 19 heures) dans les réseaux franciliens.

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[] Dès lundi 11 mai, l’offre de transport avec @IDFmobilites sera à hauteur de 75% sur les réseaux métro, RER, bus et tramway. Le trafic sera normal sur les lignes 1 et 14, et renforcé à hauteur de 85% sur la .

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Pour permettre une meilleure gestion des flux de voyageurs, 60 stations de métro RATP seront fermées sur l’ensemble du réseau métro.

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En Ile-de-France, « il faut serrer les dents trois semaines de plus », une phase décisive « pour savoir si on est capable d’étouffer le virus », a déclaré au Parisien Aurélien Rousseau, directeur général de l’agence régionale de santé. A la SNCF, le déconfinement a commencé dès vendredi pour les trains grandes lignes, avec un redémarrage du service à 20 %. Là aussi, avec port du masque obligatoire.

  • Dans les Hauts-de-France, coupon obligatoire pour acheter un billet de train

Il va falloir être prévoyant avant de prendre les transports express régionaux (TER) dans les Hauts-de-France. Dès le 11 mai, 552 TER et TER à grande vitesse seront sur les rails. Pour éviter des afflux importants dans les trains et les gares, la SNCF et le conseil régional lancent un système de préréservation de billets par coupon pour les 18 TER en direction ou en provenance de Lille. Ce coupon obligatoire et gratuit permettra ensuite d’acheter son billet. Premier arrivé, premier servi. Sans cela, le voyageur pourra être refoulé, car les accès aux trains seront limités pour éviter qu’ils soient bondés.

  • Un test obligatoire pour se rendre en Corse ?

Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, entend réguler l’accès à l’île cet été, à partir du 23 juin, en imposant à toute personne souhaitant s’y rendre de se prêter à un test permettant de prouver qu’elle n’est pas atteinte du Covid-19. « S’il est négatif, on présente son test à l’aéroport et on vient en Corse sans problème, détaille-t-il dans les colonnes du Parisien. Si le test est positif, on annule les vacances, mais une assurance prend tout en charge, l’hébergement comme les billets d’avion. » Gilles Simeoni insiste néanmoins sur le fait que la Corse ne peut appliquer un tel système de façon unilatérale : « Si l’Etat ne veut pas de notre plan, il ne sera pas mis en application. »

  • Contrôles de température pour les passagers d’Air France

A partir de lundi, Air France va contrôler la température de ses passagers, a annoncé samedi la compagnie aérienne dans un communiqué. Les clients présentant une température supérieure à 38 °C « pourront se voir refuser l’embarquement et leur réservation sera modifiée sans frais pour un départ ultérieur ». Le port du masque sera également obligatoire pour voyager dans les avions Air France à compter de lundi.

La compagnie avait déjà adopté une série de mesures. Le masque est déjà obligatoire pour ses membres d’équipage et agents en contact avec les clients. A bord des avions, la compagnie espace les passagers « autant que possible » et les procédures de nettoyage et de désinfection des cabines ont été renforcées. Air France assure par ailleurs dans son communiqué que les systèmes de recyclage d’air de ses avions filtrent les virus de type coronavirus.

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