La Chine vante sa gestion du Covid-19 même si elle en a « payé le prix fort »

La Chine a vanté vendredi une « réussite majeure » dans son combat contre le coronavirus, à l’ouverture de la grand-messe annuelle du régime communiste, consacrée cette année à la relance de l’économie du géant asiatique.

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Premier pays touché par le Covid-19, mais aussi premier à s’en sortir, la Chine a désormais un objectif : relancer son économie en pleine dépression mondiale. C’est l’objet de la session 2020 de l’Assemblée nationale populaire (ANP, le parlement chinois), grand messe annuelle du régime communiste chinois. Mais avant toute chose, le Premier ministre chinois a célébré la « réussite stratégique majeure » du pays dans sa gestion de la crise sanitaire.

« Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une Grande muraille de solidarité », s’est félicité le Premier ministre Li Keqiang devant les 3 000 députés réunis, visage masqué [pour raisons sanitaires], au Palais du peuple à Pékin.

« Nous avons obtenu une victoire décisive dans la défense de la province du Hubei et de sa capitale, Wuhan », mises en quarantaine pendant deux mois et demi, a affirmé le chef du gouvernement, semblant ignorer les critiques émises à l’étranger, particulièrement aux États-Unis, contre la responsabilité supposée de son pays dans l’apparition de l’épidémie.

« Un prix qu’il fallait payer » 

Pour Li Keqiang, le succès remporté contre l’épidémie « s’est payé d’un prix élevé. C’est un prix qu’il fallait payer et qui en valait la peine », a-t-il déclaré, en référence au plongeon du produit intérieur brut au premier trimestre (-6,8 %, une première dans l’histoire de la République populaire). « La pression sur l’emploi a fortement augmenté », a-t-il reconnu.

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Signe de l’incertitude à laquelle le pays est confronté, Li Keqiang s’est abstenu de fixer un objectif de croissance pour l’année en cours. « Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir », s’est-il justifié. En réaction, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6 % du PIB (contre 2,8 % l’an dernier).

Pékin redoute la colère populaire 

« La priorité de Pékin, c’est de stabiliser l’emploi et de garantir le niveau de vie de la population chinoise, avec un objectif primordial : éradiquer la pauvreté dans les campagnes », explique Charles Pellegrin, correspondant de France 24 en Chine. Ses moyens : relever le seuil du déficit fiscal  et investir dans des projets d’infrastructures en espérant créer 9 millions d’emplois urbains en 2020. « L’inquiétude de Pékin, c’est de voir monter la colère sociale à cause de la baisse du niveau de vie. L’instabilité sociale est une menace existentielle pour Pékin », rappelle le correspondant.

En Chine, les députés préparent l’après-covid

Le Premier ministre a donc annoncé l’émission d’un emprunt d’État pour un montant de 1 000 milliards de yuans [soit 128,5 milliards d’euros], auquel s’ajoute un vaste plan d’investissement de 3 750 milliards de yuans (481,8 milliards d’euros). Enfin, le budget militaire augmentera de 6,6 % en 2020, un taux de croissance moins élevé qu’en 2019 (+7,5 %). Cette annonce survient alors que des différends de souveraineté subsistent entre Pékin et ses voisins indien, japonais, et certains riverains en mer de Chine méridionale.

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