Lettre ouverte aux autorités sur le report des échéances de crédit durant la pandémie de la covid-19

AUX

-Ministre du Budget et des Finances

– Directeur national de la BCEAO

-Président de l’APBEF

 

Messieurs,

À vos distingués rangs et grades.

En ces dures périodes de crise sanitaire marquée par le ralentissement et l’arrêt des activités dans plusieurs domaines privés comme publics, l’ACSIF ( Association  des Clients et Sociétaires dans les Institutions Financières) avait sollicité vivement un report des échéances de crédit de trois (03) mois renouvelables via une lettre ouverte en date du 20 mars 2020 pour permettre aux personnes physiques et morales de faire face efficacement à la pandémie de la Covid-19.

D’abord l’État du Sénégal via un communiqué en date du 15 avril 2020 avait donné instruction aux ministres en charge des secteurs d’engager des réflexions avec la BCEAO pour donner corps au report des échéances de crédit aux différents agents économiques sur une période à convenir.

Ensuite, la BCEAO via un communiqué en date du 17 avril 2020 avait à son tour sollicité  le report des échéances de crédit au secteur privé sans charge d’intérêt, ni pénalité, ni frais.

Enfin l’APBEF dit mettre en place un dispositif d’éligibilité de report et d’accompagnement des personnes physiques et morales « impactées » par la Covid-19.

La question fondamentale que tout le monde se pose au vu des pompeuses déclarations de part et d’autre est : qu’en est-il de tout cela après deux pénibles mois de Covid-19 ? Les personnes physiques et morales « impactées » ont-elles réellement bénéficié du report ? Les mesures ont-elles été respectées par les banques ?

La réponse des travailleurs est sans appel NON.

L’ACSIF a très tôt alerté, lorsque de part et d’autre les communiqués se contredisaient et ne donnaient sens à aucune réalité, pour dire qu’à l’état de nuance et d’antagonisme des différents communiqués, tout laisse transparaitre un refus de l’APBEF d’un quelconque report. La preuve de ce constat réside dans le cérémonial mis en place par les banques de second rang pour contourner voire empêcher tout report sans charge d’intérêt, ni frais, ni pénalité en proposant pour certains un différé sous forme de prêt racheté, de prêt spécial ou de découvert.

En définitive, toutes les sollicitations faites pour le report des échéances pendant cette période de crise ont été soldées par un refus déguisé. Par ailleurs, on dépense beaucoup d’argent pour sensibiliser à la bancarisation sans grand effet tout en oubliant que le vrai problème se situe à leur niveau et de par leurs pratiques. De ces faits, certaines banques accuseraient, même à tort, ceux qui dénoncent ces pratiques de torpiller la politique de relèvement du taux de bancarisation au Sénégal  tout en omettant que les vrais saboteurs de la bancarisation sont ceux qui refusent d’apaiser le climat de méfiance et de frustration qui habitent les usagers.

A ce titre, l’ACSIF vous invite à revoir votre stratégie en cultivant et pérennisant des relations saines avec les usagers pour inciter les potentiels usagers à s’engager non pas par une loi de bancarisation générale comme ce fut le cas en 2002, mais plutôt par un engagement volontaire. En effet, vous conviendrez avec nous que les populations se bancarisent malgré elles et cherchent désespérément une alternative crédible. Ce dernier propos est illustré par la forte mobilité des clients entre les banques en ces périodes car les usagers ne trouvent satisfaction dans aucune de vos banques à cause de vos pratiques peu orthodoxes. Cela a l’air d’un mariage de contre nature dans lequel l’une des parties cherche à se sauver dès que l’occasion se présente tout en sachant qu’elle n’aime pas et qu’elle n’est pas aimée.

Distinguées autorités financières, recevez nos sincères prières en cette période de pandémie.

Le Président de l’ACSIF

                                                                             Famara  Ibrahima CISSE

 

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