Aux Etats-Unis, le rédacteur en chef du journal «Philadelphia Inquirer» a démissionné après avoir choisi un titre polémique en référence au mouvement «Black lives matter».

Le 2 juin, le rédacteur en chef Stan Wischnowski, a titré une tribune dénonçant les bâtiments détruits lors des manifestations anti-racistes : «Buildings matter, Too» («les bâtiments aussi, comptent»). Le choix éditorial a suscité un véritable tollé outre-Atlantique.

Lois Beckett

@loisbeckett

Yesterday, @PhillyInquirer apologized after running a story about property damage in Philadelphia with the headline « Buildings Matter, Too. »

One editor wrote the headline. Another reviewed it. https://www.inquirer.com/news/philadelphia-inquirer-black-lives-matter-headline-apology-20200603.html 

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LES EXCUSES DU JOURNAL

«Le titre était une offense au mouvement ‘Black lives matter’, et suggérait une équivalence entre la destruction de bâtiments et la vie des Afro-américains. C’est inacceptable», s’est excusé le journal le 3 juin, ajoutant qu’il n’aurait pas du «imprimer le titre». «Nous allons changer notre processus de validation éditorial et mettrons en place des garde-fous pour signaler les contenus sensibles et empêcher la publication d’un contenu par une seule personne», ont annoncé les dirigeants du journal. La tribune a été finalement re-titrée «Les bâtiments endommagés ont un impact démesuré sur les personnes que les manifestants veulent défendre», avec en sous-titre : «Les vies noires comptent, mais les bâtiments comptent-ils aussi ?».

COLERE DANS LA REDACTION

Le 4 juin, un journaliste noir de la rédaction du «Philadelphia Inquirer», Brandon Bell, a publié une lettre ouverte sur Twitter, signée par les journalistes de couleur de la rédaction, dans laquelle, ils annoncent qu’ils sont «malades et fatigués», et ne se rendront pas à leur poste. En tout, 30 journalistes sur 210 personnes ne se sont pas présentés en signe de protestation.

Brandon Bell@brandontrevion

Today, I’m joining my colleagues of color at the @PhillyInquirer and calling in sick and tired.

Things need to change. We call on The Inquirer to do better. To be better.

Here is the open letter we sent our newsroom leadership yesterday:http://bit.ly/3eMUnjy 

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Ils demandent à «ce que les choses changent dans le journal», et que The Inquirer «fasse mieux».
Le journal a annoncé ce samedi que Stan Wischnowski allait quitter ses fonctions de rédacteur en chef et vice-président du journal. Il partira le 12 juin. Aucun successeur n’a encore été nommé, selon le Guardian.