Samedi 8 août notamment, ils étaient nombreux à se rassembler sur la place des Martyrs, à Beyrouth. Slogans revendicateurs, fausses pendaisons de cartons à l’effigie des hommes politiques, jugés comme corrompus par les manifestants, jets de pavés, les Libanais étaient très en colère. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont conclu cette journée de tension.

Pour disperser les manifestants, la police a notamment utilisé des grenades lacrymogènes produites par des entreprises françaises comme l’explique le site de vérification de l’information de Libération, CheckNews. Grâce à des images publiées sur les réseaux sociaux, des témoignages et des membres d’ONG sur place, le site a pu constater que les grenades lacrymogènes lancées sur la manifestants provenaient des entreprises Alsetex et Nobel sport sécurité. Les inscriptions que comportent ces grenades suggéreraient qu’elles ont été produites entre 2019 et 2020 et donc livrées récemment.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab annonce la démission du gouvernement, à Beyrouth le 10 août 2020 [Handout / DALATI AND NOHRA/AFP]

De telles armes françaises avaient déjà été utilisées en février 2020 par la police libanaise, déjà contre les manifestants qui s’insurgeaient contre les difficultés économiques de la vie quotidienne. CheckNews assure avoir contacté le ministère de l’Intérieur français, Nobel sport sécurité et Alsetex. Aucun n’a répondu à leurs questions.

Deux jours avant ces affrontements, le 6 août, Emmanuel Macron, était venu sur place pour «pour apporter un témoignage de soutien, d’amitié, de solidarité fraternelle au peuple libanais». Le président français assurait voir «dans la colère de la jeunesse et de la rue, les ingrédients d’un formidable espoir. Je veux ici dire à toutes les Libanaises et tous les Libanais, et en particulier aux plus jeunes, que nous serons à leurs côtés au-delà de cette aide d’urgence que je viens d’évoquer et de ce soutien».

Cnews