Côte d’Ivoire : la réélection d’Alassane Ouattara confirmée par le Conseil constitutionnel

Le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, aux côtés de son épouse Dominique, après avoir voté à Abidjan, le 31 octobre 2020. © Luc Gnago, Reuters

Le Conseil constitutionnel a validé lundi la réélection du président ivoirien sortant, Alassane Ouattara, pour un troisième mandat controversé, selon une déclaration de son président, Mamadou Koné, au siège de l’institution à Abidjan. Alors que l’opposition avait appelé au boycott du scrutin, 53,90 % des électeurs se sont rendus aux urnes.

Le Conseil constitutionnel a validé lundi la réélection du président ivoirien sortant, Alassane Ouattara, pour un troisième mandat controversé, selon une déclaration de son président, Mamadou Koné, au siège de l’institution à Abidjan. Alors que l’opposition avait appelé au boycott du scrutin, 53,90 % des électeurs se sont rendus aux urnes.

« Aucune irrégularité grave », a annoncé Mamadou Koné. Le président du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire a confirmé lundi 9 novembre la réélection du président sortant Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, lors d’une déclaration au siège de l’institution à Abidjan. Quelque 53,90 % des électeurs se sont rendus aux urnes, après l’appel au boycott de l’opposition.

« M. Alassane Ouattara est proclamé élu au 1er tour » avec 94,27 % des voix, a déclaré le président du Conseil constitutionnel, qui a indiqué n’avoir relevé « aucune irrégularité grave » sur les bureaux qui ont été pris en compte. L’opposition avait boycotté le scrutin du 31 octobre et empêché la tenue du vote dans près de 5 000 bureaux. Ceux-ci n’ont pas été inclus dans le corps électoral.

Mamadou Koné a également souligné qu' »aucune réclamation » n’avait été déposée. Sans surprise, le Conseil constitutionnel n’a changé aucun des résultats annoncés le 3 novembre par la Commission électorale.

Un scrutin marqué par des violences et saccages de bureaux

Le taux de participation a été de 53,90 %.

Le président sortant Alassane Ouattara a recueilli 3 031 483 voix sur un total de 3 215 909 suffrages exprimés lors de ce scrutin marqué par des violences.

Le Conseil constitutionnel a ajouté que 17 601 bureaux sur les quelque 22 381 bureaux ont pu ouvrir ; le nombre d’inscrits pouvant voter est donc passé de 7 495 082 à 6 066 441 inscrits. Des militants de l’opposition avaient saccagé ou empêché l’ouverture de bureaux.

Selon les scores validés par le Conseil constitutionnel, le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin arrive en deuxième position, avec 1,99 % des voix (64 011 votes). Les deux autres candidats avaient appelé au boycott mais ont tout de même reçu des suffrages. L’ancien président Henri Konan Bédié termine troisième avec 1,66 % (53 330 voix) et l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, quatrième avec 0,99 % (31 986 voix).

« Conseil national de transition » de l’opposition

L’opposition a annoncé la création d’un « Conseil national de transition » (CNT) à l’issue du scrutin dont elle ne reconnaît pas les résultats. Mais plusieurs leaders de l’opposition, dont son porte-parole Affi N’Guessan, ont été arrêtés alors que d’autres comme Henri Konan Bédié sont bloqués à leur domicile par les forces de l’ordre.

Élu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara avait annoncé en mars qu’il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d’avis en août, à la suite du décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats présidentiels a été remis à zéro – ce que l’opposition conteste.

Au mois 14 personnes sont mortes au cours de violences lors du scrutin ou dans son sillage. Avant l’élection, une trentaine de personnes étaient mortes dans des troubles et des violences intercommunautaires depuis le mois d’août et l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara.

La crainte d’une escalade des violences est forte dans ce pays d’Afrique de l’ouest, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts.

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