Côte d’Ivoire : le président Alassane Ouattara invite Henri Konan Bédié à une « rencontre »

Le chef de l’Etat dit vouloir engager « un dialogue franc et sincère » avec l’opposition, qui refuse de reconnaître sa réélection.

Le président Alassane Ouattara, réélu à la tête de la Côte d’Ivoire pour un troisième mandat controversé, a appelé son principal opposant, l’ex-président Henri Konan Bédié, à une « rencontre », lundi 9 novembre, après que le Conseil constitutionnel a validé sa victoire sur le score de 94,27 % à l’élection présidentielle du 31 octobre.

Lors d’une adresse télévisée à la nation, M. Ouattara, 78 ans, a invité son « aîné Henri Konan Bédié [86 ans] à une rencontre dans les tout prochains jours pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance », a-t-il dit alors que l’opposition a refusé de reconnaître sa réélection et a créé un Conseil national de transition (CNT). La journée de lundi, lors de laquelle l’opposition avait appelé à manifester, a été marquée par des violences qui ont fait au moins neuf morts dans le pays.

« tolérance »

Il a aussi exprimé sa « compassion » aux personnes mortes, citant même les noms d’une dizaine de victimes de tous âges et de toutes ethnies. « Je vous invite au pardon mutuel et à la tolérance pour continuer de vivre ensemble dans la paix », a-t-il ajouté. Les violences électorales, qui ont souvent dégénéré en affrontements intercommunautaires, ont fait une cinquantaine de morts depuis le mois d’août. La crainte d’une escalade des violences reste présente en Côte d’Ivoire, dix ans après la crise postélectorale de 2010-2011, qui avait fait 3 000 morts.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars qu’il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d’avis en août, à la suite de la mort de son dauphin désigné, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly, à qui il a « dédié [sa] victoire ». La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016 le compteur des mandats présidentiels avait été remis à zéro. Ce que l’opposition conteste.

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